« Berlin est captivante, tant en surface qu’en sous-sol »
« We don’t hope you enjoyed this visit. » C’est ainsi que la guide Silvia Brito Morales conclut sa visite. C’est dans les Berliner Unterwelten que la Guerre froide est la plus vivace. « Un ‘monde en souterrain’ fascinant et fermé. Alors qu’à la surface, Berlin est une ville ouverte et en pleine effervescence. »
- Qui ? Silvia Brito Morales
- Âge ? 44
- Profession ? Guide
- Lieu favori ? Unterwelten, c’est-à-dire les sous-sols
- Berlin c’est... ? Une ville jeune, qui bouge et dotée d’une grande ouverture d’esprit !
C’est à une banale porte de métal de la station de métro Pankstraße que nous attend Silvia Brito Morales, d’origine équatorienne, avec un large sourire. « Cette porte cache un abri antiatomique pouvant accueillir 3 400 personnes », nous révèle-elle. « Follow me ! » Après un passage dans une chambre de désinfection fermée par de lourdes portes, nous atteignons les espaces vitaux.
« En cas d’attaque nucléaire, l’objectif était de pouvoir passer trois semaines ici en survêtement. Cela n’aurait pas servi à grand chose à mon avis. Ce bunker ne pouvait résister qu’à de petites bombes atomiques et les radiations ne disparaissent pas après trois semaines. » Fascinant ? Et comment !
« Sie verlassen West-Berlin »
« À Berlin, on creuse depuis des siècles. Quarante pour cent de la ville se trouvent sous le sol. Bunkers, lignes de métro, égouts mais aussi 400 kilomètres de tuyaux servant à acheminer des messages. Berliner Unterwelten protège ce patrimoine. » Silvia nous entraîne vers le complexe de bunkers du quartier de Gesundbrunnen. On peut y lire : « Sie verlassen West-Berlin »
« Vous pouvez constater que le mur de Berlin était également infranchissable par les sous-sols. Les stations de métro d’Allemagne de l’Est traversaient un no man’s land et pour contrer les tentatives d’évasion, la police des frontières a bâti des stations fantômes », nous révèle Silvia. « Ceux qui s’accrochaient à un train étaient blessés par de longs clous. La dernière issue, les égouts, était clôturée. Ici, j’ai appris des choses qu’on ne lit pas dans les livres d’histoire. On sait très peu de choses sur ce qui s’est passé dans les sous-sols. »
« En surface, le Berlin est une ville à l’atmosphère très ouverte et c’est très important à mes yeux. Mais j’apprécie également les adresses traditionnelles. Donnez-moi le nom d’un café (Kneipe) qui sert sa propre bière et prépare d’anciennes recettes, de préférence dans des marmites en cuivre. Un conseil ? La Hausbrauerei Marcus située dans la Münzstraße. On peut également y déguster des classiques comme l’Eisbein, la soupe aux lentilles ou de délicieuses boulettes berlinoises. »
« En général, à Berlin les prix sont démocratiques. Mis à part les musées et les lieux touristiques, c’est même la capitale la moins chère d’Europe. Il est déjà possible de consommer un demi-litre de bière pour 3,50 euros, commander un plat pour 4 euros et un menu déjeuner pour 7 euros. »« Ne sous-estimez pas la taille de Berlin. Je ne conseillerais pas de visiter la ville à pied. Il vaut mieux se déplacer à vélo car Berlin est une ville très conviviale pour les usagers faibles et le trafic n’y est pas très dense. Louez un vélo à la Deutsche Bahn : vous pouvez payer avec votre GSM et stationner votre vélo n’importe où ! »
Conseils de Silvia
- Berliner Unterwelten : Brunnenstraße 108a, tél. : +49 (0)30/49 91 05 17, www.berlinerunterwelten.de. Une visite guidée dure 90 minutes et coûte 9 euros. Métro : Gesundbrunnen.
- Marcus-Bräu : Münzstraße 1-3, tél. : +49 (0)30/24 76 985. De la bière délicieuse et des plats traditionnels.
- Prenzlauer Berg : ancien quartier d’artistes qui regorge de restaurants et bars branchés, surtout près de la Kollwitzstraße et de la Kastanienallee. Métro : Senefelderplatz.