Thomas Cook tombe littéralement amoureux de l’Egypte. Une destination de rêve pour l’hiver… où il n’est néanmoins pas si
simple de voyager ! Mais l’Anglais ne recule pas devant les péripéties et entreprend d’organiser des croisières combinant la découverte des merveilles de l’Egypte avec le luxe des hôtels anglais. Pari réussi!
Premiers pas en Egypte
La longue et fructueuse collaboration de Cook avec le pays des Pharaons débute fin 1869. Celui-ci arrive alors en Égypte à la tête d’un groupe de trente touristes curieux et affrète deux bateaux pour leur faire remonter le Nil.
Ces embarcations détériorées sont sales et infestées de puces et l’équipage ne cesse de réclamer des bakchichs. À leur retour au Caire, aucun logement n’est disponible dans la capitale et le groupe est contraint de rester à bord.
L’audacieux Anglais prend conscience que les difficultés de voyager dans cette région constituent une opportunité unique pour le secteur touristique: son rôle sera de guider personnellement les touristes et de les choyer afin de les protéger des désagréments de la culture étrangère.
Des hôtels flottants sur le Nil 
Le flux annuel de visiteurs hivernaux commençait à arriver au Caire en novembre. Si les bals et galas y offraient des distractions temporaires, les brochures de Cook mettaient en avant le concept de croisières comme le meilleur moyen de découvrir les merveilles de l’Egypte. La société proposait à ses clients trois moyens de transport pour remonter le fleuve.
- Le dahabieh, le voilier traditionnel du Nil, pouvait être loué à des fins privées par des petits groupes qui souhaitaient voyager dans l’intimité et à leur propre rythme.
- Le deuxième moyen: l’élégant bateau à vapeur, était équipé de salles de bains avec eau courante froide et chaude, des cabines spacieuses, d’une bibliothèque, d’une salle à manger et d’un piano pour animer les soirées. Le plus grand de ces hôtels flottants disposait d’une capacité d’accueil de 78 passagers et avançait majestueusement à une vitesse de 18 km par heure.
- Le vapeur postal, enfin, représentait le troisième moyen de transport. Celui-ci permettait de se déplacer plus vite et à un tarif plus économique.
Un voyage aller-retour de trois semaines du Caire à Assouan coûtait £ 50 en 1900. Ce tarif incluait un programme touristique complet ainsi que la location d’ânes, de selles pour les dames, de bateaux pour traverser le fleuve si nécessaire et les services d’interprètes et de guides. L’organisateur précisait dans son règlement que toutes les lumières devaient être éteintes à 23h. Trente-cinq ans plus tard, le prix, les heures des repas et les circuits touristiques du même voyage n’avaient changés. Mais l’époque étant devenue plus libre, une concession fut faite : les lumières pouvaient rester allumées jusqu’à 23h30.
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